Tant d'anges déchus et d'âmes damnées,
Au coin de ces rues, en-deça des nuées.
Visage, sans larmes ni sourires,
Résigné, peut-être à mourir.
Comme demeure, des profondeurs abyssales,
Des lieux insalubres et enténébrés.
Comme espoir, cette lueur qui fait mal,
Celle de la mort tant escomptée.
L'abîme rudoie ces hommes esseulés,
Sans qu'ils haissent, Dieu ou fatum*.
Une telle résignation n'est contemplée
Que chez les sages et les saints hommes.
Que de pleurs imperceptibles
Sur ces sols doivent ruisseler,
Et que de cris inaudibles
Qui aimerait tant être écoutés.
Plus de mélodie si ce n'est un silence,
Opaque et dense telle la brume matinale.
Tandis que l'autre s'enivre et danse
D'une fatuité occultant son mal.
La plèbe poursuit sa quête
Aussi vaine qu'insipide,
Donc nul ne s'arrête
Devant cet enfer si limpide.
L'église, ici, s'emplit abondamment,
Et on confesse ses péchés à Dieu.
Puis quand vient le moment,
On quitte allégé ces lieux.
Déchargé de toutes fautes,
On pérégrine le pas léger.
Passe dans la rue, devant ses hôtes,
Sans un moindre regard adressé.
Seigneur, vois tes fidèles,
Négliger tes étoiles marginales,
Eux qui dissimulent leurs ailes,
Pour paraître simplement normal.
Sol invictus.
* Signifie destin

